L'histoire derrière cette "Histoire d'amour".

 

« Maman, maman, regarde ma robe, j’ai cousu ça avec le tissu du tapissier ».

C’est depuis l’âge de 9 ans que je m’enthousiasme pour la mode, certains rêvent de devenir médecin, pilote d’avion ou encore archéologue, moi Edwige Kouadio, je rêvais de donner vie à mes dessins. Ma tante « Mansan » couturière m’a accompagné dans ces rêves effrénés. En Côte d’Ivoire, après mes classes, je passais tout mon temps libre avec elle. J’ai appris à utiliser une aiguille, remplacer des boutons, installer des fermetures, réaliser des patrons et enfin coudre, tout cela avec mes doigts, car je n’avais pas (encore) le droit de me servir des machines. C’est à 10 ans que j’ai réalisé ma 1re robe pour moi-même (eh oui, j’ai toujours été ma muse.) avec des morceaux de tissus récupérés chez le tapissier du quartier.

– Il y avait plusieurs tapissiers dans les environs, mais c’était le plus convoité. Ses créations étaient plébiscitées grâce à leurs nettes finitions, il était très méticuleux et brûlait de passion pour son métier. Avec ma mère, on créait avec lui le nouveau mobilier pour la maison –

Sans peu de fierté, j’ai couru montrer cette œuvre (d’art) à ma mère qui reconnaissait en moi son habileté manuelle. Cette robe que j’ai arborée avec allure pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’elle ait eu raison de moi n’était que la première de la liste. C’était clair pour moi, le stylisme était ma voie.

Cependant, la vie étant semée d’obstacles et d’embûches, quelques mois plus tard, je débutais une nouvelle vie en France, loin de mes repères et de mes racines. L’atelier de ma tante me paraissait lointain, aussi lointain que le tapissier du quartier, pourtant, je n’ai pas voulu abandonner. La résignation ne faisant pas partie de mon vocabulaire, j’ai continué mes croquis, mon « nouveau » rêve était de construire un book que j’utiliserai une fois mes études de stylisme terminées pour créer ma marque. Ah, j’avais tellement d’idées pour le nom de la marque, je me surprenais à rêvasser pendant des heures, ça me rappelait le « pays » qui me manquait terriblement.

« Non, Edwige ! Tu dois faire une formation générale, le stylisme est un hobby. Tu pourras t’y consacrer une fois que tu auras obtenu ton master en gestion ».

J’entends encore ma mère me répéter ces mots en classe de 3ème lorsque contrairement à d’autres, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard si ce n’était le stylisme. Après un stage d’observation en 3ème chez une styliste de mode, j’ai mis mes rêves au second plan. Enfin ? C’était un milieu trop difficile, sans débouchés, me disait-on. J’ai opté pour le parcours généraliste non sans cultiver mon amour pour la mode.

Avec l’âge, mes goûts ont évolué, mais cet amour pour la mode ne s’est pas éteint. Ayant grandi avec des parents entrepreneurs, j’ai toujours eu envie de faire « quelque chose ». Ce « quelque chose » n’avait pas de dénomination, mais dans tous les cas, cela devait être « quelque chose » que j’aime.

Le fait d’avoir vécu en Côte d’Ivoire et en France désormais m’a permis de voir les choses d’un œil différent et a (enfin) donné naissance à l’idée derrière ce « quelque chose ». En effet, la surconsommation, le modèle économique de la fast-fashion en France fait place progressivement au « mieux consommer », on consomme moins, mais mieux, ainsi l’upcycling et le Made in France prennent plus de poids. Pourquoi ne pas faire rentrer les marques africaines dans ce créneau, elles qui sont aux antipodes de la fast fashion en réalisant des économies d’échelles via l’utilisation des ressources locales ?

L’histoire de ma robe faite avec les chutes de tissu du tapissier n’était pas anodine. J’ai repensé à cet artisan, à ma tante et voilà, j’étais persuadée qu’il y avait « quelque chose » à faire.

Cette idée a germé plus de 5 ans dans mon esprit, du concept store mêlant différents artisans basés en Côte d’Ivoire, à des ventes éphémères, j’ai fait le tour du sujet. J’ai parfois raté le coche, ô combien de fois, j’ai vu des projets similaires à ce que j’avais en tête se faire. Mais je pense qu’il ne faut pas négliger le poids de la peur, la peur de l’échec, mes parents pourtant entrepreneurs n’avaient pas réussi à battre en retraite cette crainte.

Mon parcours professionnel s’est étendu sur le digital, dans le domaine des cosmétiques et du prêt-à-porter. Au vu de ce background digital, ce « quelque chose » a mûri pour faire naître Maison Eudeka. Une boutique en ligne qui a pour objectif de commercialiser une sélection pointue de pièces haut de gamme provenant de designers du continent africain. Le but étant de mettre en lumière l’artisanat de là-bas et valoriser ce savoir-faire longtemps négligé si ce n’est oublié.

Je suis Edwige Kouadio, créatrice de Maison Eudeka. Je souhaite via Maison Eudeka être un vecteur diligent agissant sur la transmission à l’échelle internationale des aptitudes abondantes du continent africain. Maison Eudeka concourt à l’éveil des consciences et à la révélation des meilleures créations à l’initiative d’Africains.

Eudeka est mon surnom depuis quelques années et le choix de ce surnom pour mon projet m’est apparu comme une évidence car ce projet reflète mon parcours.

Bienvenue sur maisoneudeka.com, je vous souhaite une belle navigation et au plaisir de vous lire si vous souhaitez m’écrire un petit message edwige@maisoneudeka.com.